Irréel
Des sourires rouges
Dans le reflet de l'amour
Un rappel au loin
Emmanuelle de Dardel
Des sourires rouges
Dans le reflet de l'amour
Un rappel au loin
Emmanuelle de Dardel
J'ai rencontré Don Giovanni
L'homme blasé par excellence
Celui qui vous dit je t'adore
Quand il vous séduit
Puis qui disparaît sans un mot
Une fois sa conquête éprise
J'ai rencontré Don Giovanni
L'homme lâche par définition
Celui qui vous captive
Quand il vous invite
Puis qui ne sait plus parler
Une fois qu'il est trop occupé
J'ai rencontré Don Giovanni
Le séducteur par défaut
Celui qui vous promet la lune
Quand il est avec vous
Puis qui s'évapore sur un autre continent
Une fois qu'il est blasé
J'ai rencontré Don giovanni
L'homme cultivé en apparence
Celui qui vous complimente
Quand il vous pourchasse
Puis qui critique tout et tout le monde
Une fois qu'il se sent libre
J'ai rencontré Don Giovanni
L'homme qui manipule même les pierres
Celui qui vous admire sans retenue
Les tous premiers jours
Puis qui vous regarde avec mépris
Une fois qu'il est lassé
J'ai rencontré Don Juan
L'homme qui ne vit que de liaisons
Celui qui ne pense qu'à son plaisir
Et qui n'a même jamais connu le mot amour
Puis qui vous ignore royalement
Comme si vous n'aviez jamais existé
Emmanuelle de Dardel
Quand l'espoir s'affole
Les rêves de vie s'étiolent
L'âme se révolte
Emmanuelle de Dardel
Le cycle de vie
Promesses et trahisons
Pour se rencontrer
Emmanuelle de Dardel

Une carte postale poétique originale. Peinte et écrite à la main.
A new poetic postcard. Handpainted and handwritten.
Disponible sur demande.
Quand ses nuages noirs
Se reflètent dans son cœur
Ils deviennent des étoiles
Emmanuelle de Dardel
Fragilité
De la vie
Du bonheur
Des relations
Des instants partagés
Que nous reste-t-il ?
Emmanuelle de Dardel
Coeur coquelicot
A la fois fragile et fort
La dualité
Emmanuelle de Dardel
Un soir d’été tout bascula,
Le voile sombre de la mélancolie assombrit ses yeux.
La tourmente,
Les mots qui essaient de se dire,
Le cœur qui chavire.
Comment espérer encore ?
Une étincelle de lumière a fécondé le réel.
Douceur, patience, ouverture :
Descendre au fond de la douleur, de la peur,
Remonter grandie, fortifiée par le trésor de nos différences.
Anne Isler-Hildenbeutel, Invitation au voyage, Mandalas et poésie, Hauterive, Suisse, éditions Attinger, 2014
La froidure persévérante
Régnant sous un ciel bas et gris,
Le lac, comme en mil huit cent trente,
Un beau matin se trouva pris.
Viens hardiment et te promène,
Neuchâtelois timide, accours !
La glace a plus d’une semaine
Et porte les poids les plus lourds :
J’en veux pour preuve principale
Le fait qu’au mépris du trépas,
La police municipale
Fit l’épreuve – et n’enfonça pas !
Donc, on patine fort à l’aise,
Et les gens sont émerveillés
Depuis la Béroche à Saint-Blaise,
– Hormis les bateliers.
On voit des familles complètes
Se risquer à cent pas du bord,
Et ce sont des jeux et des fêtes
Ainsi qu’aux rivages du Nord.
Tout au loin sur la morne plaine,
Quelques patineurs aguerris
Semblent, dans la brume incertaine,
Des points noirs sur l’horizon gris…
(Le Cœur et les Yeux.)
Philippe Godet (1850-1922), in Poètes de Suisse romande, Lausanne, éditions Rencontre, 1964, p. 48-49