partition

chaque printemps 
les oiseaux réapprennent à chanter
au sommet des grands arbres du temps
ils déroulent leurs trilles dans le ciel
tout près des nuages tout près des enfants
il ne reste plus qu'à les écouter
l'homme sait-il encore s'oublier pour entendre le chant du monde

- Emmanuelle de Dardel

Repost de l’an passé !

vertige

le vertige des vestiges 
les jours grandissent enfin
comme s'il n'y avait plus de peurs
tout est déjà écrit
tout se sait
l'évidence
le temps danse
une danse sans fin

- Emmanuelle de Dardel

résonance 6

Porter 
  les bijoux
     de bonheur
        à nos lèvres

boire à la coupe
de toutes les pensées ancestrales
          qui élèvent
        qui défigent

porter nos enfants-mots
        en étendard

Delphine Garcia

*

le grand vertige 
du temps et des mots
de l'aube naissante
à la nuit infinie
qui adoucissent et qui plient
les âmes qui résistent
face à celles qui acceptent

le savoir libère
la liberté est phénix
et la décision est un dragon
à apprivoiser pour grandir 

Emmanuelle de Dardel

inspiration

la beauté s’infiltre et s’insinue

entre les interstices et les rainures

et si l’on n’y prend pas garde à temps

elle s’évapore et s’évanouit

au gré des vagues au gré des âmes

– Emmanuelle de Dardel

les ombres

à travers les branches
les ombres du temps
se dessinent sur les rêves
et s’agitent en douceur
elles n’oublient rien
si ce n’est ce qu’elles ignorent

l’odeur des trahisons
flétrit l’instant précieux
alors elles l’écrivent
envers et contre elles-mêmes
elles poétisent le malheur
dans l’entrelac des jours

– Emmanuelle de Dardel

florilège

un florilège de vie
remplit l’air dru
par-delà les mots
bien avant la poésie
le temps n’y résiste pas
et l’espoir fou des arbres
ils se mirent
dans les nuages
qui chantent
le printemps naissant

– Emmanuelle de Dardel

vivre

à l’aube des jours
il est toujours temps
il reste l’espoir
de reprendre vie
et changer de route
ou renaître enfin
le crépuscule est un art

pour peu qu’on le voie
le chemin est voie
pour écrire ses rêves
même s’il faut s’enfuir
ailleurs loin de toi
et près des étoiles

là où les âmes vivent

– Emmanuelle de Dardel

Âmes-oiseaux

Elle avait des oiseaux à la place des yeux et des nuages sur la langue. C’est en sautillant sur la pointe des pieds qu’elle aimait traverser la vie, l’air de rien, portée par ses ailes d’ange. Et parfois, elle rencontrait d’autres âmes-oiseaux, à la croisée des destins. Ces âmes-là, elle ne les reconnaissait pas tout de suite, il fallait du temps, beaucoup de temps, pour savoir s’ils attendaient des choses d’elle ou s’ils voulaient cheminer tendrement dans sa vie. Le tout était de les laisser être librement qui ils étaient.

Emmanuelle de Dardel