résonance 6

Porter 
  les bijoux
     de bonheur
        à nos lèvres

boire à la coupe
de toutes les pensées ancestrales
          qui élèvent
        qui défigent

porter nos enfants-mots
        en étendard

Delphine Garcia

*

le grand vertige 
du temps et des mots
de l'aube naissante
à la nuit infinie
qui adoucissent et qui plient
les âmes qui résistent
face à celles qui acceptent

le savoir libère
la liberté est phénix
et la décision est un dragon
à apprivoiser pour grandir 

Emmanuelle de Dardel

rage

la pluie s’écoule souvent
goutte après goutte
des nuages gris
à tes yeux verts
vert océan
à la houle primordiale
des matins qui respirent
encore surpris d’être en vie
après les nuits de rage noire

– Emmanuelle de Dardel

écoute

pendant une vie
je n’ai plus pu parler
le poids était immense
aussi lourd que la galaxie entière
parler n’avait plus aucun sens
puisqu’on ne me croyait pas

alors j’écri(vai)s
de la poésie
du fond de mon ciel noir nuit
depuis mes canapés-lits nuages
par-delà les étoiles meurtries
les conflits et les silences qui croassent

aujourd’hui je parle un peu
aux gens bienveillants
qui écoutent un peu
sourient avec des yeux étoiles
et tendent la main sans exiger

les autres
ceux qui jugent
je n’y arrive plus
toujours pas
entendre est facile
écouter (l’indicible) est un art

– Emmanuelle de Dardel

poudre

à travers la pluie
l’orage
la nuit
l’oubli
le soleil s’immisce doucement
il poudre les feuilles
les murs
les peaux
les âmes
et rend le monde plus beau
il brasille à nouveau
son cœur bat au rythme de l’espoir

– Emmanuelle de Dardel

Éclairant

L’honnêteté est une étoile dans la nuit des autres.

– Emmanuelle de Dardel

La bienveillance est un soleil dans la pluie des autres.

– Delphine Garcia

©️✍️

#dimanche #duopoetique #poesiecontemporaine

Prisme

L’océan aspire le soleil
Comme une coupe de lumière
Dans la plongée d’une nuit

– Gérard Mornet

et les cœurs se grandissent
ils s’ouvrent à la joie à la honte 
pour que l’indifférence s’estompe

Emmanuelle de Dardel 

pétales

on cherche l’amour

nuit et jour 

ailleurs

et si loin d’ici

pourtant il est partout

tout autour de nous

dans les nuages

dans la forêt

sur les pierres

au cœur des pétales

des mains du printemps

qui tombent sur nos joues

– Emmanuelle de Dardel

du soleil

elle avait du soleil dans les mains

et tous venaient se servir

pour éclairer leur vie

ils revenaient sans cesse

se resservir

sans même s’inquiéter pour elle

comme si sa source était intarissable

jusqu’au jour où elle n’eut plus rien à donner

jusqu’au jour où son monde devint aussi noir qu’une nuit sans lune ni étoiles

jusqu’au jour où elle cessa d’exister

dans l’indifférence

depuis elle ne donne plus rien

elle ne parle plus la même langue

et reconstruit son soleil

avec des lettres de sang

jour après nuit

dans son cahier d’or

– Emmanuelle de Dardel