sans titre

je ne céderai rien
ni les lumières aux ombres
ni les paroles aux silences
ni les gentillesses aux abus
je ne céderai rien
si ce n’est
ma verdeur à la sagesse
ma candeur à la déconstruction
ma naïveté à la clairvoyance 
je ne céderai rien
si ce n’est ma loyauté mal placée

– Emmanuelle de Dardel

la fiancée de l’ombre

par grand froid et grand vent
dans le silence du solstice d’hiver
pendant les nuits plus longues que la vie
ils montrent enfin leurs vrais visages

leur absence résonne sur la pierre gelée
ils ne savent plus quoi dire
démasqués défaits
déchirés par leurs fausses personnalités
leurs multiples relations cachées

leurs trahisons t’atteignent malgré tout
et même si tu ne sais plus qui tu es
ni ce que sont l’amour et l’amitié
bientôt tu retrouveras ton chemin

à force de creuser les inconscients
l’ombre s’évaporera
de la distance naît la lucidité
et de l’introspection renaît la lumière

– Emmanuelle de Dardel

Ta lumière

Derrière les rideaux et les volets se cache tout un monde, prêt à bondir, prêt à abuser, au moindre faux pas. Ils sont toujours là, à l’affût, comme s’ils n’attendaient que ça. Ta chute, ta tristesse, ta déchéance. Il ne te reste qu’à partir. Tu n’es pas ce qu’ils veulent, ce qu’ils pensent. Garde toujours ta lumière, même si les ombres s’acharnent. Plus tu es lumineuse, plus les ombres s’acharnent. Plus les ombres s’acharnent, plus tu es lumineuse.

– Emmanuelle de Dardel

Aphorismes paradoxaux

Beaucoup confondent l’amour avec la violence. Danser sa musique est la chose à la fois la plus difficile et la plus épanouissante. On peut parler de tout, sauf de ce qu’il ne faut pas même mentionner en passant, sauf de ce dont il ne faut rien dire.

Les belles âmes ont bien du mal à croire que l’homme ou la femme sont indifférents et égoïstes. Il faudra bien des échecs pour qu’elles apprennent enfin à poser des limites claires et à refuser l’irrespect ou le manque de considération.

N’oubliez pas vos amis. Ce sont des êtres humains comme vous. Si vous les oubliez, ils ne reviendront peut-être pas. Mais si vous en prenez soin, même dans les moments difficiles, ils vous en seront reconnaissants et vous vous serez élevés ensemble.

La victime n’est pas faible, puisqu’elle est encore en vie. Elle est au contraire très forte. Le destin a souvent beaucoup d’humour, voire de l’ironie. Si vous cherchez l’amour, il vous présentera la personne parfaite à un détail rédhibitoire près. Notre inconscient nous parle à travers la lecture. C’est à nous de chercher le sens caché des mots.

La gentillesse est une volonté, et non une faiblesse. Énormément de gens pensent que c’est un défaut. Pour eux, être gentil c’est être faible. La bonté et la compassion attirent les méchancetés comme des aimants.

Être compris c’est être libre d’être soi-même. Certains abîment (inconsciemment), d’autres réparent consciemment. Écrire c’est danser sur les étoiles. C’est réaliser un rêve impossible et pourtant en apprivoiser la lumière doucement.

– Emmanuelle de Dardel

La vie

La vie est un éternel paradoxe. (Sur)vivre est une bataille de chaque instant. L’amitié peut mourir en un soupir imperceptible. L’amour apparaît quand on est aligné, quand le cœur, l’esprit et l’âme battent pour les mêmes causes ; quand on dit ce qu’on fait et qu’on fait ce qu’on dit. L’amour c’est aussi grandir ensemble dans le respect et les défis.

Il serait si facile de tout abandonner, pourtant on s’y refuse. Chaque matin on choisit de poursuivre la journée d’hier ou recommencer une nouvelle vie. Seuls les (cœurs d’) enfants voient la réalité sans attentes, car ils ne connaissent pas la valeur de l’argent. Les rêves sont les seules choses que l’on peut rendre tangibles.

On oublie souvent de s’aimer soi-même, bien que l’on soit la personne la plus importante de notre vie. Chaque rupture nous ouvre davantage à notre vraie personnalité. La colère est notre meilleure amie. Plus on recherche la lumière (des étoiles), plus on est conscient de la richesse de la nuit, révélatrice.

La solitude n’est pas synonyme de malheur. L’absence est la signature de l’amour. La mort nous apprend à vivre intensément. Quand allons-nous accepter ces paradoxes ?

– Emmanuelle de Dardel

Un texte ou une suite d’aphorismes, d’un trait d’un jet. L’inspiration et l’écriture changent, au gré du vent, des rencontres, de l’acceptation des choses, des textes qui aimeraient voir le jour…

récrire

récrire les mots maudits
en mots tendres et lumineux
pour reconstruire les âmes

récrire les mots dits
en maux tendres et lumineux
devenir étoile

récrire les maux dits
mots tendresse et lumière
devenir étoile

– Emmanuelle de Dardel

Trois versions différentes, imbriquées les unes dans les autres. Quel poème préférez-vous ?

Et après la publication de 100 articles dans l’anthologie de poésie féminine en ligne, avec Delphine Garcia @astres_lies, je fais une pause. Nous avons énormément travaillé pour créer une belle anthologie… et je dois maintenant me ressourcer, pour avoir du temps pour écrire ma propre poésie. Il n’en reste pas moins que c’est un travail considérable, entre la création du site, la recherche des textes et la gestion. J’espère que cela vous plaira. Nous reprendrons les publications dans quelques temps.

rayon d’été

un dernier rayon d’été
arrose les maisons de lumière dorée
avant de se coucher au loin
jusqu’au printemps prochain
les anges des nuages
se donnent la main au loin
à travers l’invisible
au-delà des murs
rien ne les sépare
à part le vent
à part le temps

– Emmanuelle de Dardel

des pétales

des pétales

des pétales de lumière tendre
se posent doucement sur l’eau
délicatement
ils bougent au rythme de l’onde
et forment des dessins secrets
dans ces vagues d’étoiles
que seuls les cœurs sensibles lisent
le soleil brasille deux fois
depuis si longtemps
que les peintres en ont fait
un chef-d’œuvre
sur le portrait de Renée Vivien

– Emmanuelle de Dardel


Renée Vivien peinte par Lucien Lévy Dhurmer. C’est le portrait que Delphine a suggéré comme logo pour Poétesses 8, l’anthologie de poésie féminine (lien en bio dans le linktree). Autres portraits du peintre, sur le site du musée d’Orsay.

réminiscence

des tournesols fanés
fatigués par le soleil
écrasant
ils ont attrapé la lumière
de tous les étés
de la vie qui s’écoule
sans merci
et les graines des nuages
qui s’enroulent sur les montagnes
qui s’enroulent dans les cœurs
Van Gogh est un tournesol
sauvage

– Emmanuelle de Dardel

Hymne à Inanna, par Enheduanna

Hymne à Inanna, par Enheduanna

Voici une de mes poésies préférées. Je l’ai découverte grâce à ma collègue poétesse, Delphine Garcia, avec qui je suis ravie de collaborer. C’est une des premières poésies postées par Delphine, sur notre nouvelle anthologie de poésie féminine, Poétesses 8. Pour rendre visibles les poétesses d’hier et aujourd’hui. Pour poster des poèmes féminins dans les cœurs. Et pour donner envie de les enseigner et de les apprendre par cœur. Cliquez sur le lien ci-dessous pour lire la poésie complète et la présentation de l’autrice.

Enheduanna, par Ramblings of the Claury. This file is licensed under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license.