Papillon blanc

Un papillon blanc volète de-ci, de-là, sur le chemin du soleil et de la lumière tendre, sans plus s’inquiéter des hommes outre mesure. Il volète paisiblement sur l’air chaud, sur les rayons invisibles des réminiscences du soleil, porté par ses envies, ses échecs et ses oublis. Ses fines ailes blanches battent au rythme des cœurs, au rythme de l’été. Et plus il avance sur son présent, plus son passé s’évapore, bientôt invisible. Son avenir n’est pas la somme de son passé et son présent. Son destin est un présent et quelques bribes indiscernables d’un passé incompris. Éphémère, il meurt en laissant des traces, des liens, des joies, des haines, et parfois un héritage culturel ; des couleurs entrelacées sur un tableau ; des mots entremêlés dans un livre ;  des mouvements sans fin dans une chorégraphie du monde ; des sons qui chantent sur le papier et dans les cœurs…

– Emmanuelle de Dardel

Les hirondelles

Déjà les hirondelles qui volètent au-dessus de nos têtes. La lune rousse et pleine nous fait des clins d’œil par-delà l’horizon. Elle aime se refléter dans les vaguelettes sans fin du lac. Des miroirs par milliers sur les vagues qui scintillent pour répondre aux étoiles. Un chemin de lumière tracé jusqu’à nous. Une mosaïque dorée qui s’illumine sur l’eau. Les hirondelles sont toujours là, elles volètent en silence, calmes et concentrées, attentives aux présences tout en étant discrètes. Elles écrivent des poèmes d’amour dans le ciel bleu crépuscule. Peut-être que ce sont tes mots ? Nul ne le saura, tu t’es effacé il y a si longtemps. Le monde a changé sans moi, depuis ton départ.

– Emmanuelle de Dardel

lumière

dans chacun de ses mots
la vérité s’ébroue
à chaque respiration

– Emmanuelle de Dardel

dans chacun de ses maux
la vérité s’écroue
à chaque expiration

– Charly Dufaud

#dimanche #duopoetique

Prisme

L’océan aspire le soleil
Comme une coupe de lumière
Dans la plongée d’une nuit

– Gérard Mornet

et les cœurs se grandissent
ils s’ouvrent à la joie à la honte 
pour que l’indifférence s’estompe

Emmanuelle de Dardel 

ta lumière

quand tu souris

elle voit tes étoiles

qui ouvrent leurs grands yeux tristes

celles que tu essaies de cacher aux autres

elle voit aussi tes étoiles joyeuses

que tu ne sais pas montrer

et qui s’endorment chaque soir

en attendant que tu rallumes ta lumière

Emmanuelle de Dardel

attraper la lumière

attraper la lumière

des rayons de vie

de la lune qui veille

des étoiles endormies

qui ont allumé leurs rires

et leur étincelle immortelle

puis celle de tes yeux

quand tu te dévoiles

que tu laisses ton âme

parler sans un mot

en chuchotant je t’aime

dans la lueur de la nuit

Emmanuelle de Dardel

Comme la lumière

Un élevage aux mille espèces

Dans une âme aux mille désenchantements

Des coccinelles qui se posent en rangeant leurs ailes soigneusement

Des papillons qui papillonnent sur les fleurs éphémères jusqu’au lendemain

Des oiseaux qui volent à perdre haleine en criant de joie comme les enfants

Et des nuages qui font des volutes comme les violons pour accueillir tes dragons, même et surtout les noirs qui crachent du feu

Réapprendre à vivre avec la poésie des choses simples

Comme le bonheur de ta présence

Comme la lumière de ton cœur

Emmanuelle de Dardel