Se rencontrer
Le cycle de vie
Promesses et trahisons
Pour se rencontrer
Emmanuelle de Dardel
Le cycle de vie
Promesses et trahisons
Pour se rencontrer
Emmanuelle de Dardel
Quand ses nuages noirs
Se reflètent dans son cœur
Ils deviennent des étoiles
Emmanuelle de Dardel
Fragilité
De la vie
Du bonheur
Des relations
Des instants partagés
Que nous reste-t-il ?
Emmanuelle de Dardel
Un soir d’été tout bascula,
Le voile sombre de la mélancolie assombrit ses yeux.
La tourmente,
Les mots qui essaient de se dire,
Le cœur qui chavire.
Comment espérer encore ?
Une étincelle de lumière a fécondé le réel.
Douceur, patience, ouverture :
Descendre au fond de la douleur, de la peur,
Remonter grandie, fortifiée par le trésor de nos différences.
Anne Isler-Hildenbeutel, Invitation au voyage, Mandalas et poésie, Hauterive, Suisse, éditions Attinger, 2014
La froidure persévérante
Régnant sous un ciel bas et gris,
Le lac, comme en mil huit cent trente,
Un beau matin se trouva pris.
Viens hardiment et te promène,
Neuchâtelois timide, accours !
La glace a plus d’une semaine
Et porte les poids les plus lourds :
J’en veux pour preuve principale
Le fait qu’au mépris du trépas,
La police municipale
Fit l’épreuve – et n’enfonça pas !
Donc, on patine fort à l’aise,
Et les gens sont émerveillés
Depuis la Béroche à Saint-Blaise,
– Hormis les bateliers.
On voit des familles complètes
Se risquer à cent pas du bord,
Et ce sont des jeux et des fêtes
Ainsi qu’aux rivages du Nord.
Tout au loin sur la morne plaine,
Quelques patineurs aguerris
Semblent, dans la brume incertaine,
Des points noirs sur l’horizon gris…
(Le Cœur et les Yeux.)
Philippe Godet (1850-1922), in Poètes de Suisse romande, Lausanne, éditions Rencontre, 1964, p. 48-49
Dans le pays vivait un jeune homme,
noble et gracieux, fils d’un comte.
Plus que tout autre, il cherchait
à mériter l’estime par sa valeur.
Il fréquentait la cour du roi
où il faisait de nombreux séjours.
Il s’éprit de la fille du roi
et lui demanda plusieurs fois
de lui accorder son amour
et de devenir son amie.
Voyant sa vaillance et sa courtoisie,
et l’estime où le tenait le roi,
la jeune fille lui accorda son amour
et lui l’en remercia humblement.
Ils se rencontrèrent souvent
et s’aimèrent loyalement
tout en se cachant de leur mieux
afin de ne pas être surpris.
Ils souffraient beaucoup de cette contrainte
mais le jeune homme préférait
cette souffrance
à une précipitation qui les aurait perdus.
Marie de France, Lais, Paris, Lettres gothiques, 1990, p. 171-173