Même la mousse

Au détour d’un chemin
Découvrir des lieux
D’une douceur inattendue
S’y arrêter quelques temps
S’en imprégner doucement
Admirer la finesse
D’une mousse microcroscopique
A l’allure stellaire
Les étoiles sont tombées
Et habitent sur terre

Emmanuelle de Dardel, 14 05 2023, midi

Sonnet XVII, Louise Labé

Je fuis la ville, et temples, et tous lieux
Esquels, prenant plaisir à t’ouïr plaindre,
Tu pus, et non sans force, me contraindre
De te donner ce qu’estimais le mieux. 

Masques, tournois, jeux me sont ennuyeux,
Et rien sans toi de beau ne me puis peindre
Tant que, tâchant à ce désir éteindre,
Et un nouvel objet faire à mes yeux, 

Et des pensers amoureux me distraire,
Des bois épais suis le plus solitaire.
Mais j’aperçois, ayant erré maint tour, 

Que si je veux de toi être délivre,
Il me convient hors de moi-même vivre ;
Ou fais encore que loin sois en séjour.

Louise Labé

Un de mes sonnets préférés. Les préoccupations n’ont guère changé depuis le 16e siècle.

Ses mots

Ses mots sont des messages d’amour
De ceux qui ne meurent jamais
Elle les prend un par un
Pour les ouvrir délicatement
Comme des cadeaux précieux
Aux fruits sauvages qui se déchirent de bonheur
Chacun de ses mots renferme son univers
Qu’elle rêve de découvrir un peu plus profondément
A chaque lecture et relecture
Alors elle les regarde et les admire sans fin
Elle en imprègne son cœur de mille tampons invisibles
Comme autant de premiers envols de papillons éphémères
Elle les porte comme des douceurs et des baisers autour de son cou et de son coeur
Elle en a déjà des milliers qui flottent dans le sillage de son âme

Emmanuelle de Dardel, 13 05 2023, 5h38

Mes vers fuiraient, Victor Hugo

Mes vers fuiraient, doux et frêles,
Vers votre jardin si beau,
Si mes vers avaient des ailes,
Des ailes comme l’oiseau. 

Ils voleraient, étincelles,
Vers votre foyer qui rit,
Si mes vers avaient des ailes,
Des ailes comme l’esprit. 

Près de vous, purs et fidèles,
Ils accourraient nuit et jour,
Si mes vers avaient des ailes,
Des ailes comme l’amour. 

Victor Hugo

Paris, 22 mars 1841

Victor Hugo, Les Contemplations, Paris, Bordas, 1984, p. 77
{Il s’agit d’un de mes premiers livres de poésie}

Lumière pure

Cette nuit
J’ai dormi sur ton nuage
Il est doux et tendre
Comme une neige de pétales

Je me réveille d’un long sommeil
Qui a duré près de 10 ans
Où étais-tu pendant ce temps
Que faisais-tu si loin de moi

L’orage est passé
Le printemps t’appelle
La vie est ailleurs
Dans ta lumière pure

Samedi 13 mai 2023, 6h47

Au pays de la poésie

Au pays de la poésie

La neige devient caresse

Et le froid reste doux

Même l’hiver

Le vent se transforme en ami

Et démêle tes pensées

Les ouragans libèrent les mensonges

Le parfum des fleurs s’envole jusqu’à toi

Que tu puisses en cueillir l’essence

Et la porter dans ton âme

Comme un message à toi-même

Les lettres d’amour sont des couvertures de nuages éternels

Tendres, douces et légères

Tu t’y loves pendant la nuit qui dure une vie

Les colliers sont des baisers profonds et langoureux

Et les écharpes s’envolent

Pour laisser apparaitre les cœurs purs

Emmanuelle de Dardel, 22 05 2023