À l’envi

À l’envi

Aujourd'hui, une nouvelle série d'erreurs corrigées et expliquées, lues par hasard sur Internet, dans la presse, sur les réseaux sociaux...

À l'envi, sans e. C'est une expression adverbiale, d'usage littéraire ou soutenu. Elle provient de l'expression jouer à l'envi (de) et signifie "sur le défi d'un adversaire", "en enchérissant", puis "sans retenue". Le sens a évolué sous l'influence d'envie et correspond à "selon ce que chacun souhaite".

Locution adverbiale : groupe figé de mots qui correspond à un adverbe.

Rendez-vous chaque lundi pour découvrir l'erreur suivante. Et si vous avez envie que je parle d'une erreur particulière, dites-le moi en commentaires.

Vos poésies préférées (article libre)

Aujourd'hui, la parole est à vous, sur le blog. Dites-moi quelles sont vos poésies préférées, de poètes et poétesses contemporains ou pas. J'espère que vous ferez de belles découvertes.

Un poème par réponse, pour que cela soit facile à lire. Vous pouvez en poster plusieurs. Merci.


Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;

J'ai chaud extrême en endurant froidure ;

La vie m'est trop molle et trop dure ;

J'ai grands ennuis entremêlés de joie.


Tout à un coup je ris et je larmoie,

Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;

Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;

Tout en un coup je sèche et je verdoie.


Ainsi Amour inconstamment me mène ;

Et quand je pense avoir plus de douleur,

Sans y penser je me trouve hors de peine.


Puis quand je crois ma joie être certaine

Et être au haut de mon désiré heur,

Il me remet en mon premier malheur.


Louise Labé (1524-1566), poétesse française de la Renaissance

pose là ton visage, Monique Laederach (article libre)

pose là ton visage

où tendrement s’ouvrent les lèvres de la nuit,

et bois quand je suis source, prends-moi

quand je suis d’ombre,

étreins-moi terre ou feuillage ou rocher –

mais laisse ton désir fermé sur ma paupière,

afin que ton regard, jamais, ne lise dans le mien

ce que je sais,

et que ma chevelure demeure voûte

autant que la saulaie, et plus secrète

à te rejoindre et plus obscure à t’habiter.

(in L’Étain la source)

Poème tiré du livre de Régine Deforges, Poèmes de femmes, Paris, le cherche midi, 2009.