réminiscence

des tournesols fanés
fatigués par le soleil
écrasant
ils ont attrapé la lumière
de tous les étés
de la vie qui s’écoule
sans merci
et les graines des nuages
qui s’enroulent sur les montagnes
qui s’enroulent dans les cœurs
Van Gogh est un tournesol
sauvage

– Emmanuelle de Dardel

regrets

et quand le soleil se réveille moins vite
les oiseaux pépient moins fort
l’oiseau au ramage exotique s’est envolé
les nuages pleurent tout à coup souvent
le vent danse la sarabande avec les feuilles
le coucou revient coucouler quatre fois
et l’on se prend déjà à regretter l’ardeur
la chaleur l’intensité la poésie
des douces soirées d’été

– Emmanuelle de Dardel

émotions

et quand le soleil se couche
vers l’été des rêves et des espoirs
les souvenirs d’enfance reviennent
un parfum de douceur de chaleur
des sensations tendresses
des grands bras qui rassurent
l’amour vit dans les gestes

– Emmanuelle de Dardel

Éclairant

L’honnêteté est une étoile dans la nuit des autres.

– Emmanuelle de Dardel

La bienveillance est un soleil dans la pluie des autres.

– Delphine Garcia

©️✍️

#dimanche #duopoetique #poesiecontemporaine

Prisme

L’océan aspire le soleil
Comme une coupe de lumière
Dans la plongée d’une nuit

– Gérard Mornet

et les cœurs se grandissent
ils s’ouvrent à la joie à la honte 
pour que l’indifférence s’estompe

Emmanuelle de Dardel 

du soleil

elle avait du soleil dans les mains

et tous venaient se servir

pour éclairer leur vie

ils revenaient sans cesse

se resservir

sans même s’inquiéter pour elle

comme si sa source était intarissable

jusqu’au jour où elle n’eut plus rien à donner

jusqu’au jour où son monde devint aussi noir qu’une nuit sans lune ni étoiles

jusqu’au jour où elle cessa d’exister

dans l’indifférence

depuis elle ne donne plus rien

elle ne parle plus la même langue

et reconstruit son soleil

avec des lettres de sang

jour après nuit

dans son cahier d’or

– Emmanuelle de Dardel