torpeur

la torpeur d'un été qui brûle  
sans fin sans pardon 
la rage et la chaleur m'étreignent 
nous sommes pris au piège 
prisonniers de nous-mêmes 
de la loi du plus fort
de nos errances 
hésitations 
oublis 
dénégations 
dénis 
la raison du plus fort l'emporte 
c'est de plus en plus évident 
le premier trillionnaire de l'humanité 
ne fait même plus rêver 
l'injustice tord le monde
c'est l'impuissance absolue 
nous nous pensons surhumains 
et pourtant nous sommes impuissants 
allons-nous réussir à agir enfin 

- Emmanuelle de Dardel

féminisme ou humanisme

être femme 
c'est dire
haut et fort
qu'on est une âme
à part entière
et qu'on mérite
autant de respect
et de considération
qu'un homme

une femme n'est ni
un demi-homme
ou un demi-humain
ni un corps à disposition
une âme en libre-service
une experte en ménage
une thérapeute sur demande
une lumière pour l'hiver
une gardienne du foyer
pendant des absences coquines

être femme
c'est peut-être tout ceci
le pouvoir des mots
la force d'éclairer
la force douce
le courage
la présence quand tout s'enlise
et un soupçon de mystère
comme un supplément d'âme
qui illumine les nuits d'une vie


- Emmanuelle de Dardel 


J'ai connu trop de personnes qui se disaient bienveillant.es, alors qu'iels ne cherchaient qu'à utiliser l'autre. Je ne peux donc plus rester muette.


Ce poème incisif ne s'adresse qu'aux profiteur.euses.


Merci aux hommes et aux femmes qui sont présent.es avec respect et considération pour l'autre et le monde.

Ce texte mûrit depuis longtemps et pourtant il est si difficile à écrire. Alors sur un cri de révolte, je me suis jetée en écriture. Et de ce premier essai, naîtra sans doute d'autres formes plus abouties.

fureur

les ombres délicates 

des actes manqués

prennent temps

actes inversés

prennent sens

oser dire la réalité

à celleux qui savent écouter

celleux qui cultivent l'amour

dans les tempêtes d'impossibles

iels sont si rares

on les reconnaît

cette lumière dans leurs yeux

cette chaleur dans leurs mains

iels n'ont pas vécu qu'une vie

iels en ont transmuté 9

comme de grands arbres

au milieu des mondes dévastés


- Emmanuelle de Dardel

il suffit d’une graine

le printemps sème 
des graines de joie
dans les cœurs endurcis
et soudain tout fleurit
les cœurs, les arbres
les âmes et la vie
il suffit d'une graine
et la vie refleurit

- Emmanuelle de Dardel

Un poème inspiré par le réel. Je regarde beaucoup les jardins, potagers ou fleuris, dans ma rue, dans ma vie. Et l'un d'eux était à moitié plein, à moitié vide. Après avoir discuté quelques fois avec le propriétaire, je lui ai laissé quelques graines de courge en plants. Par la suite, le jardin fleurissait de courges.
Nous avons testé différentes sortes, dont les butternuts, qui restent intactes à la cave. Cette année, j'ai malheureusement oublié de lui offrir des plants ou des graines de courge (que je récolte simplement d'une courge de supermarché). Mais bonheur, le jardin du monsieur est plein de vie, même et surtout sans courges. Il suffit d'une graine !


le droit de cuissage

tout leur est permis 
jusqu'aux cuisses des femmes
ils n'ont peur ni
honte de rien
personne ne les arrête
au contraire
l'interdit les enflamme
faire comme si
à la maison
les libère de la honte
mais surtout
d'un vide intérieur
de plus en plus tenace
l'infidélité les enchaîne
à leur passé
ils restent enfants
même s'ils tentent de le cacher
des enfants prisonniers
de leurs jeux absurdes
que cherchent-ils à prouver

- Emmanuelle de Dardel