fulgurance 8
quand la beauté s'efface
revenir à la poésie
du monde
quand les ombres s'acharnent
revenir à l'essence
de soi
comme si c'était le dernier
comme si c'était le premier jour
- Emmanuelle de Dardel
©️✍️
quand la beauté s'efface
revenir à la poésie
du monde
quand les ombres s'acharnent
revenir à l'essence
de soi
comme si c'était le dernier
comme si c'était le premier jour
- Emmanuelle de Dardel
©️✍️
Oh ces négresses que l'on rencontre dans les environs du village nègre chez les trafiquants qui aunent la percale de traite
Aucune femme au monde ne possède cette distinction cette noblesse cette démarche cette allure ce port cette élégance cette nonchalance ce raffinement cette propreté cette hygiène cette santé cet optimisme cette inconscience cette jeunesse ce goût
[Ni l'aristocrate anglaise le matin à Hydepark
Ni l'Espagnole qui se promène le dimanche soir
Ni la belle Romaine du Pincio
Ni les plus belles paysannes de Hongrie ou d'Arménie
Ni la princesse russe raffinée qui passait autrefois en traîneau sur les quais de la Néva
Ni la Chinoise d'un bateau de fleurs
Ni les belles dactylos de New York
Ni même la plus parisienne des Parisiennes
Fasse Dieu que durant toute ma vie ces quelques formes entrevues se baladent dans mon cerveau]
Chaque mèche de leurs cheveux est une petite tresse de la même longueur ointe peinte lustrée
Sur le sommet de la tête elles portent un petit ornement de cuir ou d'ivoire qui est maintenu par des fils de soie colorés ou des chaînettes de perles vives
Cette coiffure représente des mois de travail et toute leur vie se passe à la faire et à la refaire
Des rangs de piécettes d'or percent le cartilage des oreilles
Certaines ont des incisions colorées dans le visage sous les yeux et dans le cou et toutes se maquillent avec un art prodigieux
Leurs mains sont recouvertes de bagues et de bracelets et toutes ont les ongles peints ainsi que la paume de la main
De lourds bracelets d'argent sonnent à leurs chevilles et les doigts de pieds sont bagués
Le talon est peint en bleu
Elles s'habillent de boubous de différentes longueurs qu'elles portent les uns par dessus les autres ils sont tous d'impression de couleur et de broderies variées elles arrivent à composer un ensemble d'un goût très sûr où l'orangé le bleu l'or ou le blanc dominent
Elles portent aussi des ceintures et de lourds grigris
D'autres plusieurs turbans célestes
Leur bien le plus précieux est leur dentition impeccable et qu'elles astiquent comme on entretient les cuivres d'un yacht de luxe
Leur démarche tient également d'un fin voilier
Mais rien ne peut dire les proportions souples de leur corps ou exprimer la nonchalance réfléchie de leur allure
...
Blaise Cendrars, Du monde entier au cœur du monde, Poésies complètes, Poésie/Gallimard, 2006, p. 207
[Dans le passage sur les autres femmes que j'ai d'abord coupé, aucune autre femme n'a ses faveurs. Et dans le poème suivant, il n'est guère élogieux envers les Européennes... quelle tristesse de découvrir cela à l'instant...]
#citation #poésie #BlaiseCendrars #boubous #femmes
Le terme de Négresse est dépréciatif et on ne l'emploie plus. Certains semblent l'avoir malgré tout revendiqué, pour affirmer leur négritude.
la poésie
pour apprendre à respirer la beauté
s'éblouir aux soleils de la nuit
se réchauffer aux âmes tendres
s'inonder de gentillesse
réparer les méandres du temps
et regarder la vie sous son vrai jour
- Emmanuelle de Dardel
PS : J'essaie de retrouver un bon rythme entre l'écriture et le travail sur l'anthologie.
Quand tout s'efface, il nous reste la beauté.
On espère que l'amour dure une vie, mais il est par principe éphémère.
La poésie, ce ne sont pas que des mots. C'est avant tout dire et vivre ce qu'on dit.
Dans la plupart des livres, on cite des poètes.
La vie s'arrête un peu dans chaque poème.
L'amour ne se consomme pas et pourtant il consume.
J'ai l'âme en nuages.
Seule la douceur gagne.
L'art vit et palpite dans les cœurs, avant, pendant et après.
- Emmanuelle de Dardel
sur le banc de l'infini
s'asseoir et voir la beauté
au-delà des choses convenues
ressentir chaque brin d'herbe
feuille d'arbre fleur fruit
et vaguelette
sur le banc de l'infini
s'enfoncer dans la profondeur
s'asseoir et devenir nature
devenir les autres
devenir le monde
devenir
- Emmanuelle de Dardel
On aimerait ne voir que la beauté
Que la vie reste belle et pure
Que les relations soient sincères et respectueuses
Qu'il n'y ait ni conflits ni guerres
Et pourtant c'est ce qui nous motive
Ce qui nous fait grandir
Sans vents contraires, nous n'avançons pas, persuadés de tout savoir et tout connaître. C'est grâce à nos échecs que nous (ré)apprenons à vivre. Chaque jour est une nouvelle chance de réussir nos rêves. Alors construisons nos vies sur les fondations de nos failles, en les éclairant et en les mettant à jour, au lieu de les balayer sous le tapis, comme si elles n'avaient jamais existé.
- Emmanuelle de Dardel
D'aujourd'hui à après beautés joies et regrets
Désormais il est gré
Jusqu'au vain couperet de la mort le fleuret
- Charly Dufaud
oh si l'on pouvait encore arrêter le temps
jusqu'au prochain printemps
oublier les combats et vivre pleinement
- Emmanuelle de Dardel

écrire de la poésie
un peu chaque jour
contrer la noirceur
conjurer le malheur
redessiner le monde
croire en la beauté
esquisser l'amour
redevenir soi
la poésie fleurit
sur les ruines
- Emmanuelle de Dardel
Un peu de grandeur pour chacun.e. Et le vers de fin répond au cliché du dernier jour. ⚡️