torpeur

la torpeur d'un été qui brûle  
sans fin sans pardon 
la rage et la chaleur m'étreignent 
nous sommes pris au piège 
prisonniers de nous-mêmes 
de la loi du plus fort
de nos errances 
hésitations 
oublis 
dénégations 
dénis 
la raison du plus fort l'emporte 
c'est de plus en plus évident 
le premier trillionnaire de l'humanité 
ne fait même plus rêver 
l'injustice tord le monde
c'est l'impuissance absolue 
nous nous pensons surhumains 
et pourtant nous sommes impuissants 
allons-nous réussir à agir enfin 

- Emmanuelle de Dardel

cœur en vol

comme les hirondelles 
celles qui volent si bas et si haut 
dans un effleurement perpétuel 
de toute leur âme sensible 
c'est la liberté 
qui insuffle mon cœur 
au soleil de l'amour 
l'été des bascules 
l'amour ne fait qu'un 
avec la liberté 

- Emmanuelle de Dardel 

rayon d’été

un dernier rayon d'été
arrose les maisons de lumière dorée
avant de se coucher au loin
jusqu'au printemps prochain
les anges des nuages
se donnent la main au loin
à travers l'invisible
au-delà des murs
rien ne les sépare
à part le vent
à part le temps

- Emmanuelle de Dardel

regrets

et quand le soleil se réveille moins vite
les oiseaux pépient moins fort
l'oiseau au ramage exotique s'est envolé
les nuages pleurent tout à coup souvent
le vent danse la sarabande avec les feuilles
le coucou revient coucouler quatre fois
et l'on se prend déjà à regretter l'ardeur
la chaleur l'intensité la poésie
des douces soirées d'été

- Emmanuelle de Dardel

émotions

et quand le soleil se couche
vers l'été des rêves et des espoirs
les souvenirs d'enfance reviennent
un parfum de douceur de chaleur
des sensations tendresses
des grands bras qui rassurent
l'amour vit dans les gestes

- Emmanuelle de Dardel