by Emmanuelle de Dardel | samedi 22 novembre 2025 | prose |
Depuis que je m'affirme féministe - cela fait bientôt un an -, j'ai beaucoup de follow unfollow. Cela dérange sans commune mesure, car cela remet en cause les fondements de la société dans son ensemble. Je vais à contre-courant et on ne me le pardonne pas. D'ailleurs je ne sais moi-même pas encore parfaitement comment me positionner. Il n'y a que très peu de féministes.
Pourtant je suis profondément humaniste depuis petite, j'œuvre pour la fin des guerres et l'élévation des âmes et je pense que celles et ceux qui me lisent depuis longtemps le savent. Pourtant je suis féministe depuis mes 13 ans, quand j'ai dévoré le Deuxième sexe de Beauvoir. Pourtant le féminisme est un humanisme : nous demandons calmement et respectueusement une vie égalitaire et harmonieuse entre femmes et hommes. Des traitements égaux, des salaires égaux, ni infanticides, ni féminicides.
Nous ne sommes ni extrémistes, ni virulentes, ni violentes. Nous sommes humanistes et nous souhaitons vivre notre vie pour et par nous-mêmes, tout en étant ingénieures, avocates, médecines, poétesses, troubadouresses, vendeuses, serveuses, secrétaires, sages-femmes, hôtesses, chanteuses, inventeuses, politiciennes, penseuses... et ce même et surtout si les noms de métiers ou les dénominations féminines n'existent (toujours) pas, ou plus.
- Emmanuelle de Dardel
by Emmanuelle de Dardel | dimanche 28 septembre 2025 | duos poétiques |
Envers les médisances
ses anciennes souffrances
et antiques défiances
désormais elle avance
dans ses yeux l’espérance
des ans la clairvoyance
et un zeste de chance
– Charly Dufaud
Ah la littérature
bienfaisante coupure
d'une vie d'aventures
comprendre le futur
le temps ose l'épure
respirer la nature
rechercher l'ouverture
- Emmanuelle de Dardel
by Emmanuelle de Dardel | mercredi 20 août 2025 | aphorismes |
Nous sommes rebutés pas les souffrances des autres mais nous apprécions leur art, celui qui transmute les souffrances en une vision esthétique et idéale ; celui qui met à distance les traumatismes en nous donnant des clés de compréhension ; celui qui explique les chemins de souffrances, en nous évitant d'y plonger intégralement ; celui qui nous aide à grandir mieux, plus vite, plus profondément, plus intensément.
- Emmanuelle de Dardel
by Emmanuelle de Dardel | lundi 12 juin 2023 | inspirations poétiques |
J’ai toujours partagé tout ce que je vivais ; toute mon œuvre, toute mon écriture, était un partage de mon expérience de vie. Faire de la vie un haut lieu d’expérimentation. Si le secret existe, le privé lui n’a jamais existé ; c’est une invention contemporaine pour échapper à la responsabilité, à la conscience que chaque geste nous engage. Aussi, je voudrais simplement vous parler de ce que je viens de vivre.
Ma dernière aventure. Deux mois d’une vertigineuse et déchirante descente et traversée. Avec surtout le mystère de la souffrance. J’ai encore beaucoup de peine à en parler de sang-froid. Je veux seulement l’évoquer. Parce que c’est cette souffrance qui m’a abrasée, qui m’a rabotée jusqu’à la transparence. Calcinée jusqu’à la dernière cellule. Et c’est peut-être grâce à la cela que j’ai été jetée pour finir dans l’inconcevable. Il y a eu une nuit surtout où j’ai dérivé dans un espace inconnu. Ce qui est bouleversant, c’est que quand tout est détruit, quand il n’y a plus rien, mais vraiment plus rien, il n’y a pas la mort et le vide comme on le croirait, pas du tout.
Je vous le jure. Quand il n’y a plus rien, il n’y a que l’Amour. Il n’y a plus que l’Amour. Tous les barrages craquent. C’est la noyade, l’immersion. L’amour n’est pas un sentiment. C’est la substance même de la création.
Christiane Singer, Derniers fragments d’un long voyage, Paris, Albin Michel, 2007, p. 40-41
Un peu de grandeur pour chacun.e. Et le vers de fin répond au cliché du dernier jour. ⚡️