féminisme ou humanisme

être femme 
c'est dire
haut et fort
qu'on est une âme
à part entière
et qu'on mérite
autant de respect
et de considération
qu'un homme

une femme n'est ni
un demi-homme
ou un demi-humain
ni un corps à disposition
une âme en libre-service
une experte en ménage
une thérapeute sur demande
une lumière pour l'hiver
une gardienne du foyer
pendant des absences coquines

être femme
c'est peut-être tout ceci
le pouvoir des mots
la force d'éclairer
la force douce
le courage
la présence quand tout s'enlise
et un soupçon de mystère
comme un supplément d'âme
qui illumine les nuits d'une vie


- Emmanuelle de Dardel 


J'ai connu trop de personnes qui se disaient bienveillant.es, alors qu'iels ne cherchaient qu'à utiliser l'autre. Je ne peux donc plus rester muette.


Ce poème incisif ne s'adresse qu'aux profiteur.euses.


Merci aux hommes et aux femmes qui sont présent.es avec respect et considération pour l'autre et le monde.

Ce texte mûrit depuis longtemps et pourtant il est si difficile à écrire. Alors sur un cri de révolte, je me suis jetée en écriture. Et de ce premier essai, naîtra sans doute d'autres formes plus abouties.

fleurs noires

dans ce monde dévoyé

les fleurs bleues n'existent plus

arrachées par le vent

de l'inconstance de la déloyauté

le désespoir fait rage

tinder a démonté l'amour

en à peine quelques clics

tous les plans d'un soir

s'affichent avec insistance

sur ton téléphone brûlant

et quand tu effaces l'appli

les hommes mariés te trouvent quand même

sur facebook sur messenger

sur instagram sur telegram

l'amour est devenu jetable

et quand les femmes ne veulent pas

ils apprennent comment les asservir

ils les droguent pour les faire taire

et assouvir leurs pulsions

l'irrespect est la nouvelle loi

- Emmanuelle de Dardel

Un compliment

Aujourd'hui un compliment reçu hier. Cela m'a beaucoup touchée car ce monsieur me montre qu'il a compris ma poésie en quelques lignes. Merci infiniment !

"Quelle belle inspiration! Écrire, quelle force de vie et de pensées.
Vos messages sont un baume. Je comprends mieux les femmes qui doivent toujours faire des concessions.
Malheureusement nous les hommes, suivons nos instincts et réactions en tant que tels.
Cordiales salutations et pensées- JL"

inoubliable

et les forsythias jaillissent

une myriade de lucioles jaunes

aux ailes ambrées translucides

volettent autour des coeurs purs

sous les effluves du pétrichor

les sensations inoubliables

des sentiments qui sourdent

sous la douce ondée

de l'éclosion du printemps

et des désirs des hommes

- Emmanuelle de Dardel

l’homme

l’homme

l'homme qui détournait son chemin

naturellement et sans réfléchir

pour protéger les oiseaux

en conciliabule secret

avec une femme

assise

au bord du lac

- Emmanuelle de Dardel

©️ poésie et photographie



L’homme-cabri

Elle se réveille souvent au milieu de la nuit, les idées qui galopent littéralement dans sa tête, comme les aubes d'un bateau à vapeur. Cela s'améliore doucement, elle ne se réveille plus à 2h tapantes, mais à 3h30, l'heure à laquelle le livreur de journaux passe en boguet électrique - quel nom ridicule - dans sa rue, chaque nuit. Pourtant, elle ferme sa fenêtre précautionneusement le plus souvent, mais rien n'y fait. Les "beaux" restes d'une vigilance accrue.

L'idée galopante du jour est cet homme croisé il y a quelques heures, au fil de l'eau. Sur le moment, elle ne l'a pas reconnu de suite. Sa tête lui disait quelque chose. Ils s'étaient rencontrés il y a 2 ans. Elle s'est retournée, l'a regardé sautiller comme un cabri sur ce sentier de montagne ultra dangereux en étant quelque peu indignée. Elle l'a admiré aussi, ça ne lui arriverait jamais à elle de se transformer en coureuse de montagne. Son passe-temps favori étant l'observation silencieuse. Les barrières de protection n'ont jamais retenu les corps qui glissent sur la boue détrempée des gorges. Bien entendu, lui ne l'a même pas vue, trop occupé à sa course.

L'homme-cabri a continué ses sauts élastiques sans se douter qu'il était observé. Il était mince comme une brindille, vraiment très mince. Ces sportifs de l'extrême sont parfois aussi légers que des adolescents nerveux qui ne tiennent pas en place. Dans le cas qui nous occupe, au détour d'une facétie du sentier creusé dans la roche par l'eau des gorges, elle se souvient tout à coup de cet homme. Il a 4 enfants et est en train de divorcer. Selon ses dires, son mariage n'a jamais fonctionné et il est resté pour ses enfants. Tiens, il lui semble avoir déjà entendu ces arguments éculés plus d'une fois. C'est décidément décevant. S'ils savaient à quel point elle est fatiguée d'entendre les mêmes vieilles rengaines à tous les coins de rue, et même au détour de sa mémoire, dans un sentier de montagne glissant... Mais non, personne ne devine que les idées glissent aussi dans sa tête, aussi vite que les gouttes d'eau sont nombreuses quand il pleut à verse.

Revenons à cet homme. Elle est contente de lui avoir manifesté qu'elle n'avait aucune envie de devenir marâtre de 4 enfants d'un mariage malheureux. Sa première expérience de marâtre de 2 enfants qui passent avant tout le reste lui a suffi pour le reste de ses jours. Elle a dû être suffisamment claire et peu engageante d'ailleurs, car il ne l'a jamais rappelée. A ce moment-là, elle se dit que le destin a bien fait les choses. Elle n'est pas toujours aussi clairvoyante, loin de là. Depuis quelques temps, elle a déjà constaté que lorsqu'elle laisse les choses se faire comme à leur guise, en observant, cela se passe pour le mieux. Les gens agissent comme bon leur semble, leur vrai caractère est mis en exergue et cela l'aide à prendre ses décisions. C'est sa manière à elle d'analyser les relations humaines, l'air de rien.