chatoiement

vivre de peu 
presque nuages
l'indifférence bleuit
parler d'amour
pour s'en souvenir

la haine ne
m'atteindra pas
réveiller ses rêves 

la folie des fleurs
dans le silence 
s'ouvre en grand

apprendre à revivre
tous les jours
de toute son âme
comme une forêt 


- Emmanuelle de Dardel

le vent m’en-chante

le vent chante l'été qui 
s'envole

il danse passages cours 
rues ruelles chemins 
enluminés par l'été 
transporte les maisons 
dans son colimaçon

s'échappe à chaque courant 
chaque ailleurs d'enfant 
rit de ces feuilles de 
papier-soi

qu'il sait si bien frémir froisser
et vivre 

- Emmanuelle des Oiseaux

le jardin de la vie

quand tout s'effondre 
cultiver sa vie sans relâche
comme un jardin d'agrément
humer boutons fleurs pétales
pensées des jours meilleurs

récolter les graines essaimées
par tant de rêves inachevés
prendre garde aux épines
si petites et si piquantes
les plus perfides sont invisibles
indicibles

nourrir le sol appauvri
par les jachères inopinées 
couper les branches mortes
et peindre les fleurs éblouissantes
pour les rendre immortelles

- Emmanuelle de Dardel

l’amour aujourd’hui

aimer à tout prix 
jusqu'à perdre son âme
ou aimer en conscience
ne plus se taire
ne plus subir
ne plus se soumettre

le respect grandit
la présence est une lumière
l'aigle noir veille
prêt à plonger sur l'infidèle
et le criminel
le violeur des rêves des âmes

l'amour est devenu un combat
entre rêves et interdits
étalés au grand jour
sans honte ni peurs
ne parlez plus de valeurs
l'amour est devenu marchand

- Emmanuelle de Dardel

écoute

les arbres aussi 
ont des corolles
ils respirent
le ciel
les nuages
l'amour égaré 
leurs yeux vert tendre 
s'agrandissent 
quand on les regarde 
vraiment 
et les vents les bercent 
de mots et d'horizons 
l'été de tous les étés 
je n'écoute que les mots

d'amour

- Emmanuelle de Dardel 

torpeur

la torpeur d'un été qui brûle  
sans fin sans pardon 
la rage et la chaleur m'étreignent 
nous sommes pris au piège 
prisonniers de nous-mêmes 
de la loi du plus fort
de nos errances 
hésitations 
oublis 
dénégations 
dénis 
la raison du plus fort l'emporte 
c'est de plus en plus évident 
le premier trillionnaire de l'humanité 
ne fait même plus rêver 
l'injustice tord le monde
c'est l'impuissance absolue 
nous nous pensons surhumains 
et pourtant nous sommes impuissants 
allons-nous réussir à agir enfin 

- Emmanuelle de Dardel