quand tout s'effondre cultiver sa vie sans relâche comme un jardin d'agrément humer boutons fleurs pétales pensées des jours meilleurs
récolter les graines essaimées par tant de rêves inachevés prendre garde aux épines si petites et si piquantes les plus perfides sont invisibles indicibles
nourrir le sol appauvri par les jachères inopinées couper les branches mortes et peindre les fleurs éblouissantes pour les rendre immortelles
la poésie pour apprendre à respirer la beauté s'éblouir aux soleils de la nuit se réchauffer aux âmes tendres s'inonder de gentillesse réparer les méandres du temps et regarder la vie sous son vrai jour
- Emmanuelle de Dardel
PS : J'essaie de retrouver un bon rythme entre l'écriture et le travail sur l'anthologie.
la vie est imprévisible toi aussi moi aussi nous aussi et pourtant le chemin tracé ne mène pas à la liberté plus on s'en approche plus elle s'échappe l'incertitude nous fait vivre
le printemps sème des graines de joie dans les cœurs endurcis et soudain tout fleurit les cœurs, les arbres les âmes et la vie il suffit d'une graine et la vie refleurit
- Emmanuelle de Dardel
Un poème inspiré par le réel. Je regarde beaucoup les jardins, potagers ou fleuris, dans ma rue, dans ma vie. Et l'un d'eux était à moitié plein, à moitié vide. Après avoir discuté quelques fois avec le propriétaire, je lui ai laissé quelques graines de courge en plants. Par la suite, le jardin fleurissait de courges. Nous avons testé différentes sortes, dont les butternuts, qui restent intactes à la cave. Cette année, j'ai malheureusement oublié de lui offrir des plants ou des graines de courge (que je récolte simplement d'une courge de supermarché). Mais bonheur, le jardin du monsieur est plein de vie, même et surtout sans courges. Il suffit d'une graine !
Un peu de grandeur pour chacun.e. Et le vers de fin répond au cliché du dernier jour. ⚡️