Parler

On attend des femmes qu'elles sourient et qu'elles se taisent surtout. Et quand l'une d'elles commence à parler, à répondre, à dire les choses, on s'offusque et on ne comprend pas même pourquoi. Les femmes prennent la parole comme elles font des études, comme elles travaillent, comme elles avancent dans la vie. Elles prennent la parole avec force et douceur, même et surtout pour dire ces choses difficiles. Elles ont compris qu'il vaut mieux s'exprimer posément en tous temps, qu'elles soient calmes, joyeuses ou en colère, car cela a davantage d'impact sur le monde : on ne peut que les écouter. 

- Emmanuelle de Dardel

Du féminisme

Depuis que je m'affirme féministe - cela fait bientôt un an -, j'ai beaucoup de follow unfollow. Cela dérange sans commune mesure, car cela remet en cause les fondements de la société dans son ensemble. Je vais à contre-courant et on ne me le pardonne pas. D'ailleurs je ne sais moi-même pas encore parfaitement comment me positionner. Il n'y a que très peu de féministes.

Pourtant je suis profondément humaniste depuis petite, j'œuvre pour la fin des guerres et l'élévation des âmes et je pense que celles et ceux qui me lisent depuis longtemps le savent. Pourtant je suis féministe depuis mes 13 ans, quand j'ai dévoré le Deuxième sexe de Beauvoir. Pourtant le féminisme est un humanisme : nous demandons calmement et respectueusement une vie égalitaire et harmonieuse entre femmes et hommes. Des traitements égaux, des salaires égaux, ni infanticides, ni féminicides.

Nous ne sommes ni extrémistes, ni virulentes, ni violentes. Nous sommes humanistes et nous souhaitons vivre notre vie pour et par nous-mêmes, tout en étant ingénieures, avocates, médecines, poétesses, troubadouresses, vendeuses, serveuses, secrétaires, sages-femmes, hôtesses, chanteuses, inventeuses, politiciennes, penseuses... et ce même et surtout si les noms de métiers ou les dénominations féminines n'existent (toujours) pas, ou plus.

- Emmanuelle de Dardel

Le paradoxe de l’amour

Parfois, plus on se parle et moins on se comprend. C'est le paradoxe de l'amour impossible, des âmes qui croient s'aimer et qui se haïssent en réalité. L'accepter avec grâce et respect, tout en s'éloignant doucement, est peut-être la plus difficile des choses à faire. Et pourtant, cela laissera de la place pour d'autres amitiés, d'autres amours.

- Emmanuelle de Dardel

Le silence

Le silence est le plus puissant de tous les mépris. C'est une arme de destruction de l'âme. Et c'est un mur invisible, intangible et insurmontable. Il vaut mieux prendre un peu de temps pour dire les choses, parler de ce qui dérange, échanger à propos de sa vision du monde, souvent très différente de ce que l'autre vit et pense. La communication franche et honnête est un grand pas vers l'autre et vers soi. A quoi bon, sinon ?

- Emmanuelle de Dardel

L’amour aujourd’hui

Depuis qu'elle ne court plus après l'amour, sa joie de vivre est revenue. L'amour est si étrange qu'on se meurt à petit feu quand il n'est ni réciproque ni authentique ; quand il n'y a ni respect, ni considération. Mieux vaut vivre sans amour que mourir d'amour.

- Emmanuelle de Dardel

Papillon blanc

Un papillon blanc volète de-ci, de-là, sur le chemin du soleil et de la lumière tendre, sans plus s'inquiéter des hommes outre mesure. Il volète paisiblement sur l'air chaud, sur les rayons invisibles des réminiscences du soleil, porté par ses envies, ses échecs et ses oublis. Ses fines ailes blanches battent au rythme des cœurs, au rythme de l'été. Et plus il avance sur son présent, plus son passé s'évapore, bientôt invisible. Son avenir n'est pas la somme de son passé et son présent. Son destin est un présent et quelques bribes indiscernables d'un passé incompris. Éphémère, il meurt en laissant des traces, des liens, des joies, des haines, et parfois un héritage culturel ; des couleurs entrelacées sur un tableau ; des mots entremêlés dans un livre ;  des mouvements sans fin dans une chorégraphie du monde ; des sons qui chantent sur le papier et dans les cœurs...

- Emmanuelle de Dardel