des pétales

des pétales

des pétales de lumière tendre 
se posent doucement sur l'eau
délicatement
ils bougent au rythme de l'onde
et forment des dessins secrets
dans ces vagues d'étoiles
que seuls les cœurs sensibles lisent
le soleil brasille deux fois
depuis si longtemps
que les peintres en ont fait
un chef-d'œuvre
sur le portrait de Renée Vivien

- Emmanuelle de Dardel
Renée Vivien peinte par Lucien Lévy-Dhurmer. Portrait que Delphine a suggéré comme logo pour Poétesses 8, l'anthologie de poésie féminine (lien aussi en bio dans le linktree). Autres portraits du peintre, sur le site du musée d'Orsay.

réminiscence

des tournesols fanés
fatigués par le soleil
écrasant
ils ont attrapé la lumière
de tous les étés
de la vie qui s'écoule
sans merci
et les graines des nuages
qui s'enroulent sur les montagnes
qui s'enroulent dans les cœurs
Van Gogh est un tournesol
sauvage

- Emmanuelle de Dardel

Hymne à Inanna, par Enheduanna

Hymne à Inanna, par Enheduanna

Voici une de mes poésies préférées. Je l'ai découverte grâce à ma collègue poétesse, Delphine Garcia, avec qui je suis ravie de collaborer. C'est une des premières poésies postées par Delphine, sur notre nouvelle anthologie de poésie féminine, Poétesses 8. Pour rendre visibles les poétesses d'hier et aujourd'hui. Pour poster des poèmes féminins dans les cœurs. Et pour donner envie de les enseigner et de les apprendre par cœur. Cliquez sur le lien ci-dessous pour lire la poésie complète et la présentation de l'autrice.

Enheduanna, par Ramblings of the Claury. This file is licensed under the Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International license.
https://poetesses8.wordpress.com/2025/07/07/enheduanna/

Papillon blanc

Un papillon blanc volète de-ci, de-là, sur le chemin du soleil et de la lumière tendre, sans plus s'inquiéter des hommes outre mesure. Il volète paisiblement sur l'air chaud, sur les rayons invisibles des réminiscences du soleil, porté par ses envies, ses échecs et ses oublis. Ses fines ailes blanches battent au rythme des cœurs, au rythme de l'été. Et plus il avance sur son présent, plus son passé s'évapore, bientôt invisible. Son avenir n'est pas la somme de son passé et son présent. Son destin est un présent et quelques bribes indiscernables d'un passé incompris. Éphémère, il meurt en laissant des traces, des liens, des joies, des haines, et parfois un héritage culturel ; des couleurs entrelacées sur un tableau ; des mots entremêlés dans un livre ;  des mouvements sans fin dans une chorégraphie du monde ; des sons qui chantent sur le papier et dans les cœurs...

- Emmanuelle de Dardel

Les hirondelles

Déjà les hirondelles qui volètent au-dessus de nos têtes. La lune rousse et pleine nous fait des clins d'œil par-delà l'horizon. Elle aime se refléter dans les vaguelettes sans fin du lac. Des miroirs par milliers sur les vagues qui scintillent pour répondre aux étoiles. Un chemin de lumière tracé jusqu'à nous. Une mosaïque dorée qui s'illumine sur l'eau. Les hirondelles sont toujours là, elles volètent en silence, calmes et concentrées, attentives aux présences tout en étant discrètes. Elles écrivent des poèmes d'amour dans le ciel bleu crépuscule. Peut-être que ce sont tes mots ? Nul ne le saura, tu t'es effacé il y a si longtemps. Le monde a changé sans moi, depuis ton départ. 

- Emmanuelle de Dardel

lumière

dans chacun de ses mots
la vérité s'ébroue
à chaque respiration

- Emmanuelle de Dardel

dans chacun de ses maux
la vérité s'écroue
à chaque expiration

- Charly Dufaud

#dimanche #duopoetique

Prisme

L’océan aspire le soleil
Comme une coupe de lumière
Dans la plongée d’une nuit

- Gérard Mornet

et les cœurs se grandissent
ils s'ouvrent à la joie à la honte 
pour que l'indifférence s'estompe

Emmanuelle de Dardel