À l’aube

À l’aube de tes grandes mains, marquées par l’impertinence et l’impermanence, on reconnaît ces cœurs trop grands. Ceux qui s’épanchent en lisant des livres au bord des grandes vitres de bus d’un autre monde. Ceux qui ensuite trempent leur plume dans leur sang pour écrire leur âme.

– Emmanuelle de Dardel

Poésie minutes pour Gontran Mint

Âmes-oiseaux

Elle avait des oiseaux à la place des yeux et des nuages sur la langue. C'est en sautillant sur la pointe des pieds qu'elle aimait traverser la vie, l'air de rien, portée par ses ailes d'ange. Et parfois, elle rencontrait d'autres âmes-oiseaux, à la croisée des destins. Ces âmes-là, elle ne les reconnaissait pas tout de suite, il fallait du temps, beaucoup de temps, pour savoir s'ils attendaient des choses d'elle ou s'ils voulaient cheminer tendrement dans sa vie. Le tout était de les laisser être librement qui ils étaient.

Emmanuelle de Dardel

le droit de cuissage

tout leur est permis 
jusqu'aux cuisses des femmes
ils n'ont peur ni
honte de rien
personne ne les arrête
au contraire
l'interdit les enflamme
faire comme si
à la maison
les libère de la honte
mais surtout
d'un vide intérieur
de plus en plus tenace
l'infidélité les enchaîne
à leur passé
ils restent enfants
même s'ils tentent de le cacher
des enfants prisonniers
de leurs jeux absurdes
que cherchent-ils à prouver

- Emmanuelle de Dardel

strates

strates de nuages
autour de toi
voilée ou libérée
des mauvais sorts
tous ces poèmes
talismans d'écriture
renaître revivre
chaque jour
l'amour pas à pas
le respect est un art

- Emmanuelle de Dardel