Les Yeux jaunes des crocodiles, Katherine Pancol

Joséphine poussa un cri et lâcha l’éplucheur. Le couteau avait dérapé sur la pomme de terre et entaillé largement la peau à la naissance du poignet. Du sang, du sang partout. Elle regarda les veines bleues, l’estafilade rouge, le blanc de la cuvette de l’évier, l’égouttoir en plastique jaune où reposaient, blanches et luisantes, les pommes de terre épluchées. Les gouttes de sang tombaient une à une, éclaboussant le revêtement blanc. Elle appuya ses mains de chaque côté de l’évier et se mit à pleurer.

Ce sont les premières lignes du roman.

Katherine Pancol, Les Yeux jaunes des crocodiles, Paris, Le livre de poche, 2006, p. 11

Inconstance

Comment faire souffrir une femme

Dites-lui que vous l'aimez

Dites-lui ce qu'elle a envie d'entendre

Promettez-lui monts et merveilles

Jusqu'à la faire craquer

Puis détachez-vous

Signifiez-lui peu à peu

Que vous n'êtes pas prêt

Que vous avez d'autres projets

Que vous recherchez autre chose

Et partez, de préférence sans un mot

Puis recommencez avec une autre

Emmanuelle de Dardel 23 05 2023

Tes pétales

Quand tes pétales m’effleurent

J'ai les joues qui dansent

Et les oiseaux écrivent des poèmes

Au milieu des ruisseaux fleuris du printemps

Quand tes pétales m'embrasent

J'y perds mon âme, elle s'envole

Dans les nuages de ton amour

Que tu as brodé de mille lettres

Quand tes pétales s'endorment

J'en perds le sommeil, les clochettes

Se fanent dans ton absence

Comme si le monde s'éteignait

Quand tes pétales m'oublient

Je n'existe plus, les étoiles tombent

Dans le trou noir, les fées oublient

De vivre et le monde gèle au-delà

Emmanuelle de Dardel 01 06 2023