Aphorismes paradoxaux juin 2026

Dire la vérité est souvent bien plus difficile que mentir. Nous avons le droit de nous arrêter un peu, de faire des pauses. Se tromper, c'est une manière d'apprendre. La perfection est un frein : mieux vaut avancer en se respectant, que de tout faire de manière parfaite, puis s'effondrer.

Chaque fois qu'il pleut, les insectes et les plantes s'abreuvent, tandis que les hommes pleurent librement. C'est l'odeur de la pluie - le pétrichor - qui soigne les âmes. On attire ce qu'on pense, ce qu'on vit et qui on est. D'où l'importance de se connaître.

Si l'autre refuse d'écouter, on ne peut pas lui parler. Le dialogue se fait à deux. Écouter c'est une des plus importantes compétences, pourtant elle est très rare. En général, on n'écoute que pour répondre rapidement, pour pouvoir parler de soi.

La confiance est longue à installer, alors qu'elle peut s'évaporer en une seconde. Quand on a de graves problèmes, il est impensable d'en parler comme de la pluie et du beau temps. Alors on se tait, de plus en plus, chaque jour davantage, jusqu'à devenir silence, tout en hurlant à l'intérieur de soi.

- Emmanuelle de Dardel

sans parler

sur le fil 

à corps tendu

c'est ainsi qu'elle se déplace

entre deux mondes

sur la crête

les nuages chuchotent

cette langue spéciale des âmes

qui se reconnaissent

sans parler


- Emmanuelle de Dardel
Et vous pouvez maintenant lire ce blog de poésie sur lesamesdabord.ch. Mon mantra personnel est aussi devenu mon adresse Internet. 

bouquet de vie

chercher la joie

dans les nuages qui volent

le soleil qui colore les âmes

les oiseaux qui dessinent l'amour

l'air tendre qui fleurit la vie

et les mots chantants des poete.sses

en faire une jolie récolte

à accrocher aux cœurs

les jours de tristesse

- Emmanuelle de Dardel

fulgurance 5

fulgurance 5

les étoiles soufflent sur le monde
le temps d'un soupir
et les âmes s'ouvrent à la vie

- Emmanuelle de Dardel


Portrait de Renée Vivien, par Lucien Lévy-Dhurmer, domaine public. Portrait choisi comme logo de l'anthologie Poétesses 8.

Les poétesses de l'anthologie sont maintenant classées par ordre chronologique, pour voir quand elles ont vécu les unes par rapport aux autres.

https://poetesses8.wordpress.com

Fulgurances en cascade

Quand tout s'efface, il nous reste la beauté.

On espère que l'amour dure une vie, mais il est par principe éphémère.

La poésie, ce ne sont pas que des mots. C'est avant tout dire et vivre ce qu'on dit.

Dans la plupart des livres, on cite des poètes.

La vie s'arrête un peu dans chaque poème.

L'amour ne se consomme pas et pourtant il consume.

J'ai l'âme en nuages.

Seule la douceur gagne.

L'art vit et palpite dans les cœurs, avant, pendant et après.

- Emmanuelle de Dardel

inspiration

la beauté s'infiltre et s'insinue

entre les interstices et les rainures

et si l'on n'y prend pas garde à temps

elle s'évapore et s'évanouit

au gré des vagues au gré des âmes

- Emmanuelle de Dardel

il suffit d’une graine

le printemps sème 
des graines de joie
dans les cœurs endurcis
et soudain tout fleurit
les cœurs, les arbres
les âmes et la vie
il suffit d'une graine
et la vie refleurit

- Emmanuelle de Dardel

Un poème inspiré par le réel. Je regarde beaucoup les jardins, potagers ou fleuris, dans ma rue, dans ma vie. Et l'un d'eux était à moitié plein, à moitié vide. Après avoir discuté quelques fois avec le propriétaire, je lui ai laissé quelques graines de courge en plants. Par la suite, le jardin fleurissait de courges.
Nous avons testé différentes sortes, dont les butternuts, qui restent intactes à la cave. Cette année, j'ai malheureusement oublié de lui offrir des plants ou des graines de courge (que je récolte simplement d'une courge de supermarché). Mais bonheur, le jardin du monsieur est plein de vie, même et surtout sans courges. Il suffit d'une graine !